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Etang de l'Ilé à Etalle

Coordonnées

Etalle (Etalle)
www.sietalle.be
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1. Situation et accès

Le site de l'Ilé se trouve en bordure de la nationale 83, au rond-point à la sortie d'Etalle en direction de Florenville.
L'accès aux bords de l'étang est interdit, sauf entre les deux observatoires, afin de ne pas déranger les nombreux oiseaux qui y viennent surtout pendant les périodes de nidification. et préserver une zone de repos pour les oiseaux migrateurs.

2. Statut du site

Au début des années nonante, la commune d'Etalle a acquis les 48 hectares du site de l'Ilet afin de les réaménager. L'objectif principal a été de réaffecter l'ancien grand étang d'Etalle qui avait été asséché au cours du XVIIIe siècle. Le site a été remis en partie sous eau et une échelle à poisson y a été installée.

L'ensemble est classé zone verte au plan de secteur. La pêche et la chasse y sont interdites sauf la destruction du sanglier.
La surveillance est assurée par les agents de la Division Nature et Forêts.

3. Historique

Les noms « Ilé » ou « Ilet » désignent l'endroit émergé au milieu de l'étang qui recouvrait anciennement tout le territoire compris entre la ferme du moulin à Etalle et les villages de Fratin et de Sainte-Marie.

L'étang, remontant au minimum au XVIIe, était alimenté par plusieurs ruisseaux et par des fontaines. Citons le ruisseau des Aunes venant de Fratin et son affluent, le Mauvais ruisseau ; le ruisseau de Chauwière venant de Sainte-Marie ; les fontaines de Saint-Martin et de Ferjanwé ainsi que plusieurs ruisselets sans nom.

Le ruisseau de Chauwière recevait l'exutoire du grand étang avant de se jeter dans la Semois. Le second exutoire, à l'Est du premier, alimentait les roues à aubes du moulin à farine avant de se jeter également dans la Semois.
Actuellement, l'exutoire de l'étang réhabilité est toujours la Semois, principalement via le ruisseau des Aunes et accessoirement via le ruisseau de Chauwière.

L’altitude moyenne de l’étang devait se situer aux alentours des 335 mètres. Vers 1775, l’étang devait occuper une surface comprise entre 50 et 65 ha, ce qui en faisait le second étang de Wallonie par sa superficie, l’étang de Virelles le devançant largement avec ces quelques 116 ha. La profondeur devait être faible, au maximum 2 à 3 mètres, car il ne s’agit pas d’un étang creusé mais bien d’un étang résultant d’un barrage de ruisseaux réalisé à l’aide d’une digue transversale. Il s’agit donc d’un étang crée par l’homme, comme la plupart des grands étangs.
Aujourd’hui, les digues sont toujours décelables sur le terrain.
L’étang était exploité comme étang d’élevage de poissons, probablement de carpes.
L’ancien étang d’Etalle devait présenter d’importantes variations du niveau d’eau, en relation avec les crues, l’alimentation en eau du moulin, et la mise en assec totale ou partielle lors des vidanges destinées à faciliter la capture du poisson. Le battement journalier et saisonnier de la nappe était favorable à l’installation de groupements végétaux amphibies et de groupements pionniers spécialisés, affectionnant des substrats humides exondés temporairement.

Au tout début du XIXe siècle, le moulin était toujours en activité mais l’exploitation piscicole avait cessé.

Tous les étangs, qu’ils soient naturels ou artificiels, ont tendance à s’envaser et à disparaître après un laps de temps suffisamment long. Les abords de l’étang d’Etalle, principalement entourés de terres cultivées au XVIIIe siècle, présentait les conditions idéales pour favoriser l’érosion et l’accumulation de sédiments au bas des pentes, entraînant son comblement progressif.

La disparition de l’étang d’Etalle par un atterrissement naturel, suivi d’un assèchement partiel du fond par drainage artificiel, doit se situer dans la première moitié du XIXe siècle. D’anciennes cartes montrent en effet qu’en 1864, l’étang a complètement disparu et est remplacé par des prairies marécageuses.

A partir de la fin du XIXe siècle, des conifères ont été plantés et ont envahi de plus en plus le territoire, entraînant une fermeture significative du paysage. Ces plantations ont pris la place des prairies humides ou des landes, de quelques terres cultivées et de rares parcelles de feuillus.

Après 1995, une partie des plantations de résineux est abattue en vue de préparer l’assiette du contournement routier de la commune d’Etalle ; une autre a été mise à blanc en vue du creusement d’un nouvel étang, sur des terres situées en face de l’ancien moulin (propriété dite de l’Ilet) et rachetées par la commune d’Etalle. Cette réouverture récente a eu des répercussions importantes sur la composition du tapis végétal. Le nouvel étang de quelques hectares a été mis sous eau en 1997.

4. Description

Le site de l'Ilé comporte l'étang de 2 ha créé en 1997. L'îlot central est composé essentiellement d'épicéas. L'ancien étang atterri est couvert de bouleaux, de taillis de saules et aulnes, de quelques chênes, de zones marécageuses et inondées.

La flore terrestre et aquatique est très riche. Quelques plantes rares et protégées y poussent.

La faune forestière est bien représentée (chevreuils, renards, sangliers,…) ainsi que les oiseaux. L'îlé est en effet situé sur une ligne de migration et le site est une aire de repos pour les oiseaux migrateurs, la chasse y étant interdite. Les bords de l’étang abritent des oiseaux nicheurs tels grèbe castagneux, foulque macroule, poule d’eau, canard colvert, cygne tuberculé, etc… L'endroit est connu aussi pour sa grande diversité de libellules et de demoiselles.
Grâce à l’échelle à poissons, l’étang est devenu une frayère pour les brochets, perches, tanches, carpes, vairons, …

Source : La Gaume naturelle et ses oiseaux - S.I. Virton